Il ne se passe pas une semaine sans que les médias d’in-formation n’abordent la pénurie appréhendée de main-d’œuvre en raison des mouvements démographiques au Québec. La proportion «active» de la population diminue et a déjà atteint un seuil critique. Certains secteurs sont plus touchés que d’autres et les affiches «Personnel recherché» ont fait leur apparition un peu partout. L’industrie de la construction ne fait pas exception à la règle.
En 2007, la CCQ était fière d’annoncer que 13579 nouveaux salariés faisaient leur entrée sur les chantiers. À ce nombre s’ajoutaient 8414 personnes qui avaient quitté l’industrie et l’ont réintégrée. Ce que ces bonnes nouvelles ne disent pas, c’est que dans la même année 18618 personnes la quittaient. De fait, la croissance réelle de la main-d’œuvre disponible ne fut que de 2,5% alorsqu’elle était de 0,05% en 2006. La CCQ prévoit encore une croissance du volume de travail jusqu’en 2011 et estime à 14000 nouveaux travailleurs par année l’effectif nécessaire pour assurer la relève.
Lors du dévoilement de l’édition 2008 du Bilan des perspectives du marché du travail mis en marché par les éditions Jobboom, il fut fait mention que, à partir de 2012, la population de 15 à 64 ans commencera à diminuer dans la province. Or, les problèmes de disponibilité de la main-d’œuvre sont déjà existants. Dernièrement, il fut constaté qu’il y avait 59 offres d’emploi pour 12 diplômés en technologie de la mécanique du bâtiment au Cégep de Trois-Rivières alors que, au collège Ahuntsic, il y avait 70 offres pour 35 finissants.
Le problème est encore plus complexe, car on sait qu’il y a moins d’étudiants que de places disponibles dans certaines institutions d’enseignement. Selon le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, une hausse des inscriptions de 15% serait nécessaire dans les programmes de formation professionnelle et technique pour répondre aux besoins du marché du travail.
L’industrie de la construction est en concurrence directe avec plusieurs autres secteurs d’activité dans la recherchede main-d’œuvre compétente. Ceux qui détiennent des compétences spécialisées sont recherchés dans les domaines d’emploi en croissance comme la santé, les mines, l’aérospatiale, l’environnement et les technologies de l’information.
Le moins que l’on puisse faire est de nous faire connaître. Dans un premier temps, il faut intéresser nos jeunes aux métiers et professions liés à la mécanique du bâtiment. Nous sommes probablement méconnus dans les écoles secondaires et notre industrie gagnerait sûrement à se faire découvrir auprès de cette clientèle.
De plus, il faut promouvoir les possibilités de carrière dans nos entreprises auprès des personnes qui ont orienté leurs études dans un domaine lié à notre secteur. L’industrie de la construction est malheureusement perçue comme cyclique et instable alors que les personnes compétentes ne manquent pas d’ouvrage et obtiennent un très bon salaire annuel.
On pourrait toujours se consoler en constatant que, selon l’enquête de Jobboom, il y avait 380 offres d’emploi pour seulement 2 finissants en génie minier à l’École Polytechnique de Montréal. Cependant, nous croyons que l’industrie de la construction doit se mobiliser pour faire face au problème et développer des solutions qui permettront de combler nos besoins de main-d’œuvre au cours des prochaines années. La CMMTQ s’engage à faire sa part en ce sens et étudie déjà des moyens de promouvoir les possibilités d’emploi existant dans nos entreprises. Si vous avez des idées à partager, n’hésitez surtout pas à nous en faire part.
Le président,
Michel Boutin