Au moment d’écrire ces lignes, les mauvaises nouvelles économiques se suivent les unes les autres. Lorsqu’on se dit que ça ne peut aller plus bas, ça continue. Le problème est d’autant plus inquiétant que les spécialistes et sommités en la matière sont confondus et ne peuvent comprendre les marchés.
Si les gouvernements tentent de nous rassurer en nous disant que le Canada sera moins affecté que les Etats- Unis, ça ne console pas beaucoup de monde lorsqu’on regarde à qui on se compare. Il ne faut pas se faire d’illusions : l’économie est un phénomène cyclique et la dégringolade est plutôt abrupte.
Pour l’industrie de la construction, l’impact n’est pas facile à mesurer. Si le prix des matières premières est en baisse, la valeur du dollar canadien a un impact majeur sur nos achats de produits provenant de l’extérieur du pays. Parallèlement à cela, le resserrement du crédit se fait déjà sentir et de gros projets de construction sont susceptibles d’être retardés ou simplement annulés faute de financement suffisant.
Plusieurs entreprises de tous sortes de secteurs ont déjà annoncé leur intention de réduire leur personnel et auront à traverser une période d’austérité pendant laquelle elles seront occupées à survivre plutôt qu’à rechercher la croissance.
Au niveau du volume de travail, l’industrie de la construction a connu récemment de très bonnes années et les prévisions étaient fort encourageantes. Cette année encore, nous devrions atteindre un record d’heures travaillées pour la période des 20 dernières années, dépassant les estimations de la Commission de la construction du Québec. Malgré tout, il fallait bien s’attendre à ce que ça finisse un jour.
Et bien, malgré toutes ces mauvaises nouvelles, l’optimisme demeure possible. En effet, la CCQ nous fait part de prévisions encourageantes. Son service de la recherche qui prévoyait une croissance l’an prochain réajuste son tir et parle maintenant d’une stabilisation du marché, ce qui est loin d’être catastrophique convenons-en. Il s’agirait en fait, pour utiliser l’expression du directeur de la recherche de la Commission, d’une « hésitation » et on s’attend toujours à une reprise de la croissance dès 2010.
Selon la CCQ, les investissements gouvernementaux vont assurer le secteur génie civil et voirie d’un volume important d’heures travaillées. Pour les secteurs qui concernent plus les entrepreneurs en mécanique du bâtiment, le secteur institutionnel devrait continuer à bien performer notamment grâce aux investissements dans les hôpitaux et les écoles. Pour le secteur industriel, la bonne nouvelle est qu’il peut difficilement aller plus bas qu’il ne l’est depuis quelques années. Enfin, contrairement à ce qui était attendu, le secteur résidentiel devrait maintenir une certaine vigueur en fonction des données démographiques encourageantes.
Le point d’interrogation se situe dans le secteur commercial. Peut-être que le ralentissement viendra de là puisque certains investisseurs voudront regarder aller les choses même si les économistes prévoient une reprise économique vers la fin de 2009. Cependant, les projets sont là et devraient se réaliser éventuellement.
Comme entrepreneur, ces prévisions représentent un peu de lumière à travers la grisaille que nous rapportent les médias. Même s’il est difficile de reconnaître des éléments positifs dans la situation actuelle, il est intéressant de constater que certains conservent un optimisme prudent. Nous nous croisons les doigts en espérant que l’avenir leur donnera raison.
Le président,
Michel Boutin