Mot du président - Novembre 2010

Péril en la demeure !

Il y a quelques années, la CMMTQ avait ciblé parmi ses objectifs ce qu'elle avait appelé « La bataille des grandes surfaces », c'est-à-dire que nous voulions intervenir auprès des chaînes de magasins de rénovation pour les sensibiliser aux problématiques du travail au noir, que certains détaillants favorisaient en référant des installateurs non qualifiés, et de la vente de produits non homologués.

Disons simplement que, malgré nos tentatives répétées, nos efforts n'ont pas porté fruit. Depuis, le marché étant en constante évolution, ces détaillants ont vu une occasion d'affaires en créant des comptoirs de service réservés aux entrepreneurs et en prévoyant des heures d'ouverture spéciales pour ceux-ci. Le problème est qu'aucun contrôle n'est exercé sur le statut du client qui s'y présente.

Le phénomène n'est pas nouveau ; on n'a qu'à s'installer dans le stationnement d'un de ces magasins pour faire le décompte des véhicules commerciaux non lettrés qui sont remplis de matériel de construction et, plus spécifiquement, d'équipements de plomberie et chauffage. Il serait aussi intéressant de se poster à la caisse enregistreuse de ces commerces pour additionner les achats payés en argent par cette clientèle.

Le problème prend depuis peu une nouvelle ampleur puisqu'une de ces chaînes, dont nous ne ferons pas la publicité, fait présentement une promotion à la radio en offrant aux entrepreneurs un escompte sur leurs achats. Il faudrait être bien naïf pour croire que la clientèle visée est seulement celle des entrepreneurs licenciés. Selon nous, il ne s'agit plus d'une situation où le travail au noir est toléré, mais plutôt d'une véritable invitation à ceux qui œuvrent illégalement.

Une autre situation vécue par des membres est également, sinon plus, préoccupante. Il semble que certains grossistes ont décidé de jouer sur le même terrain que les grandes surfaces. En effet, un membre nous a rapporté qu'il lui est arrivé à plusieurs reprises de constater la présence de camions non lettrés chez son fournisseur et qu'il ait dû attendre en ligne derrière des « illégaux ». Sa frustration est d'autant plus grande du fait que, trop souvent, ces derniers profitent de leur passage au comptoir de service pour demander des conseils, allongeant ainsi le temps d'attente.

Nous savons que nos membres ont toujours considéré la lutte contre l'exercice illégal du métier de maître mécanicien en tuyauterie comme un dossier prioritaire. Nous n'avons aucun pouvoir réglementaire pour interdire la vente de matériel et d'équipement de mécanique du bâtiment à des « non-entrepreneurs ». Cela dit, il n'est pas question que nous restions les bras croisés et il est clair que nous devrons reprendre notre bâton de pèlerin pour sensibiliser nos partenaires et tous ceux qui transigent, consciemment ou non, avec des personnes non qualifiées.

Si nous avons des liens privilégiés avec les grossistes qui nous fournissent en matériaux, les liens sont beaucoup moins évidents avec les magasins à grande surface. Cependant, dans ce dernier cas, nous croyons que d'autres groupes pourraient se joindre à nous pour dénoncer cette situation et amener des organismes qui relèvent du gouvernement à se mouiller dans ce dossier afin de trouver une solution à ce qui s'avère actuellement une menace pour la survie de plusieurs de nos membres.

Je vous invite donc à nous faire part de vos idées ou de vos opinions sur ce sujet afin de nourrir les interventions que nous ferons au cours des prochaines semaines. La situation est grave et nous devons réagir fortement afin d'en limiter au maximum les dégâts.

 

 

Le président,

 

 

Alain Daigle

 

 

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